La Photo de Modèles

Quelques bases

Un appareil photo comporte essentiellement trois réglages indépendants dont la combinaison définit la réussite d'une photo, ou sa perte (indépendamment d'autres éléments extérieurs à l'appareil) :

  • La distance de mise au point
  • L'ouverture (ou diaphragme)
  • La vitesse d'obturation (ou temps de pose)

La distance de mise au point définit la distance qui sépare l'appareil du sujet photographié. Elle se mesure en mètres (ou cm).
L'ouverture permet de régler l'intensité de lumière qui va arriver sur la pellicule. La valeur de l'ouverture se définit en f : (par exemple f :8). Il s'agit d'un rapport entre la distance focale (la distance qui sépare le " centre " optique de l'objectif de la pellicule) et le diamètre du diaphragme (le trou qui va laisser passer la lumière). Plus ce chiffre est petit et plus l'ouverture est grande et laissera donc passer de lumière, et inversement.
Il est intéressant de noter que ce chiffre définit (indirectement) le diamètre du trou alors que l'intensité de la lumière qui arrive sur la pellicule est proportionnelle à la surface du trou. Lorsque l'on augmente l'ouverture dans un rapport 2, l'intensité de la lumière qui arrive sur la pellicule est donc multipliée par 4. C'est la raison pour laquelle les graduation de diaphragme progressent dans un rapport 'racine de 2', correspondant à un rapport 2 au niveau de l'intensité de lumière qui arrive sur la pellicule.
La vitesse d'obturation permet de régler le temps pendant lequel on laisse passer la lumière jusqu'à la pellicule. Elle se mesure en fraction de secondes (ou en secondes).

Ces définitions de base, probablement connues de la plupart d'entre vous, étant faites, nous en arrivons maintenant à des paramètres secondaires qui sont issus de ces trois paramètres de base. Deux de ces paramètres sont importants à connaître :

  • L'exposition
  • La profondeur de champ

L'exposition est une notion un peu abstraite qui définit la quantité de lumière qui arrive sur la pellicule (intensité de la lumière x temps de pose). Pour qu'une photo soit réussie, et pour une pellicule de sensibilité donnée, il faut que cette dernière reçoive toujours à peu près la même quantité de lumière, quel que soit le sujet photographié. Selon les définitions ci-dessus, on voit que l'on peut aussi bien jouer sur l'ouverture que sur la vitesse d'obturation pour obtenir le même résultat au niveau de l'exposition. C'est ainsi que l'on obtiendra la même exposition avec une vitesse de 1/100e sec. et une ouverture de f :16 qu'avec une vitesse de 1/200e sec (temps de pose /2) et une ouverture de f :11 (ouverture x2). Il y a donc quantité de combinaisons ouverture/temps de pose qui permettent d'obtenir la même exposition. En photo classique, la règle générale est d'ouvrir au maximum lorsque la scène est sombre et de fermer au maximum lorsque la scène est très lumineuse, de manière à conserver un temps de pose aux alentours de 1/100e sec. Il y a bien sûr des déviations à cette règle, selon l'effet que l'on veut obtenir et c'est le cas de la photo de modèles.

La profondeur de champ définit la plage de distance sur laquelle l'image est nette. Cette plage varie en fonction de la distance de mise au point et du diaphragme choisi pour la prise de vue. C'est la présence de l'objectif qui crée le phénomène de perte de netteté pour les très courtes (ou très grandes) distances et rien n'y fera, sauf d'utiliser un ancêtre des débuts de la photo qui ne comportait pas d'objectif. Mais on peut faire en sorte de minimiser ce phénomène, sans toutefois pouvoir le supprimer complètement.

Première règle :
plus l'ouverture est grande, plus la profondeur de champ est réduite.
Seconde règle :
plus la distance de mise au point est faible, plus la profondeur de champ est faible.
Troisième règle :
la profondeur de champ n'est pas symétrique par rapport à la distance de mise au point : elle est plus courte " devant " que " derrière " (très approximativement dans un rapport 1/3 - 2/3).

Les règles 1 et 2 nous montrent que nous ne sommes pas dans les conditions idéales en photo de modèle prises généralement de très près et avec une grande ouverture (car il y a peu de lumière). Une seule solution pour s'en sortir : effectuer les prises de vues avec la plus petite ouverture possible (en général f :22, voire quelquefois f :27 ou f :32 sur certains objectifs). Cela entraînera bien entendu des temps de pose très longs (plusieurs secondes ou plusieurs dizaines de secondes) et la nécessité d'utiliser un pied pour maintenir l'appareil en position.

A titre d'exemple, les photos ci-dessus gauche montrent la même scène photographiée dans les mêmes conditions, avec deux ouvertures différentes. La photo du haut a été prise avec une ouverture de f:5,6 tandis que la photos du bas a été prise avec une ouverture de f:22. Dans les deux cas, la mise au point a été faite sur le wagon voyageur. Ces exemples montrent clairement l'effet de l'ouverture sur la profondeur de champ. Il est à noter que cette scène ne fait que 50 cm de profondeur et que l'effet serait plus important sur une scène plus profonde.

Les règles 1 et 2 nous montrent que l'on n'est pas vraiment dans les meilleures conditions de prise de vue, en photo de modèles, puisque les distances sont généralement courtes et que l'on veut utiliser une grande ouverture, en raison de la faible lumière. La seule solution à ce problème est d'utiliser la plus petite ouverture possible (en général f:22, ou même f:27 ou f:32 avec certains objectifs). Il en résulte de très longs temps de pose (plusieurs secondes, voire plusieurs dizaines de secondes) et la nécessité d'utiliser un pied, de manière à stabiliser l'appareil photo.

Dans la rubrique Téléchargement, vous trouverez une feuille Excel vous permettant de calculer la profondeur de champ, en fonction des réglages de votre appareil.

Quant à la distance de prise de vue, il n'y a pas de solution miracle car la prise de vue d'une scène en gros plan nécessite d'approcher l'appareil de la scène. Essayer cependant de rester à des distances raisonnables, dans la mesure du possible.

Certains objectifs anciens possèdent une échelle de profondeur de champ qui est très utile pour déterminer la profondeur de champ, en fonctions des réglages d'ouverture et de distance de l'appareil. Les photos de droite montrent deux exemples de profondeur de champ pour une ouverture de f:22 et deux réglages différents de distance. Dans la photo du haut, l'objectif est réglé sur une courte distance et la profondeur de champ n'est que de 0,45m à 0,55 m, environ. Dans la photo du bas, l'objectif est réglé sur une grande distance et la profondeur de champ va de 1,80 m à l'infini. Ceci illustre bien l'influence du réglage de la distance sur la profondeur de champ.

En respectant scrupuleusement ces règles, vous obtiendrez la meilleure profondeur de champ possible, compte tenu de la situation. Mais ce ne sera pas parfait et vous aurez toujours une zone au premier plan et une autre à l'arrière plan qui sera plus ou moins floue. Essayez d'effectuer la mise au point légèrement à l'avant du sujet principal (pour tenir compte de la règle 1/3 - 2/3 de profondeur de champ) de manière à ce que la plus grande zone soit nette. Si, malgré tout, vos photos ne vous satisfont pas à cause de problèmes de profondeur de champ, il vous faudra vous rabattre sur du matériel un peu particulier qui règle ce problème mais que l'on ne trouve pas dans le commerce et que vous devrez bricoler vous-même, comme je l'explique un peu plus loin.

Mais les difficultés ne s'arrêtent pas là ! Comme nous venons de le voir la photo de modèles est synonyme de temps de pose longs, voire très longs, selon le type de pellicule utilisée et les pellicules réagissent assez mal à ce genre de traitement par ce qu'on appelle la loi de non-réciprocité. Nous avons vu précédemment que si l'on diminuait l'ouverture dans un certain rapport, il fallait augmenter le temps de pose dans le même rapport, afin d'obtenir la même exposition. Ceci est vrai dans la mesure où le temps de pose reste dans des limites raisonnables (inférieur à quelques secondes) mais devient de plus en plus faux au fur et à mesure que le temps de pose augmente. Dans ce cas, il faut " surcompenser " en allongeant le temps de pose. Mais il est difficile de prévoir le résultat à l'avance et la meilleure méthode consiste à prendre plusieurs fois la même photo avec des temps de pose différents.

Nous allons voir maintenant comment mettre en pratique ces règles.

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Page réalisée par Jean-Louis Simonet
Dernière mise à jour : 07/03/2000
© 2000, Jean-Louis Simonet